Zoom de la saison #2 – Printemps 2015 – Dungeon ni Deai wo Motomeru no wa Machigatteiru Darou ka

Zoom DanMachi - 00Toujours aussi lent pour proposer de la lecture à dormir debout, il aurait été étonnant de passer outre l’anime printanier qui a fait parler de lui. Oubliez la petite Rin de Fate, le délire yuri aux côtés de Saber ou les fameuses parodies du test de grossesse. Même KanColle a su reculer pour lui réserver un peu de place.

Mais quel est donc cet étrange phénomène ? La réponse se tient en un seul nom : Hestia.


Dungeon ni Deai wo Motomeru no wa Machigatteiru Darou ka (ou DanMachi – Familia Myth) sera donc notre nouveau Zoom de cette saison, probablement aussi imposant qu’à pu l’être mon précédent. DanMachi est à la base un roman (ou light novel, si vous préférez) d’Action/Heroïc-Fantasy rédigé par Fujino Ōmori début 2013, établissant déjà les bases de ce que sera la grappe de mangas puis de son adaptation animée. Cette dernière fut amorcée en avril 2015 chez les studios de J.C.Staff.

Orario est une ville où de nombreux aventuriers s’enhardissent dans son labyrinthe sous-terrain appelé sobrement «Le Donjon». Richesse et renommée sont l’élément moteur de ces intrépides. Le jeune Bell Cranel est en quête de force, afin de devenir utile à quelqu’un. Il y fait la rencontre de sa déesse, du nom de Hestia. Le périple d’un aventurier cherchant ses repères et d’une jolie fille solitaire se met aussitôt en marche !

"J'ai comme un poids sur la conscience..."

« J’ai comme un poids sur la conscience… »


Dès le premier épisode, on constate que de nombreuses races cohabitent en ces lieux : des humains, des nains, des elfes, des hommes-taupes et j’en passe. L’éthique veut que tous ces gens s’unissent au nom des dieux et de leur souhait à vivre sur terre. Ces êtres de lumière accordent ainsi leur bénédiction en scellant leur pouvoir divin ; les aventuriers quant à eux acceptent de rejoindre leur Famille (ou ici, Familia).

Hestia n’a que Bell pour serviteur. Il n’a aucun talent particulier, au départ muni d’une simple dague pour s’engouffrer dans les profondeurs d’Orario. Ce dernier se met en travers d’un monstre de haut niveau alors qu’il tenait à vaincre des ennemis plus modestes, dans le but d’engranger un maximum d’argent efficacement. Il échappe à la mort de justesse à l’aide d’une épéiste de talent, du nom de Ais Wallenstein. Le jeune homme, encore en état de choc, l’est deux fois plus puis-qu’après sa furtive apparition, il est épris de celle-ci ! La belle Hestia remarque à son retour aux bas-quartiers toute sa maladresse et son hébétement.

Ais sauve la mise à notre héros plus d'une fois, elle ne le Nipah~

Ais sauve la mise à notre héros plus d’une fois, elle ne le Nipah~

Alors que ses sentiments sont confus, on lui octroie un boost d’expérience ahurissant. En réalité, les émotions de cet aventurier lui confèrent une habilité hors du commun. Par une motivation qu’elle se gardera de dévoiler au grand jour, Hestia décide de cacher à son serviteur son fort potentiel. À la place, elle donnera de son âme pour quémander à la divinité Héphaïstos, forgeron d’état, la création d’une arme de grande puissance. Désormais doté d’outils à sa mesure, Bell se lance de nouveau à corps perdu dans les méandres du Donjon.

Gardons-nous de divulguer davantage concernant l’intrigue ; la relation d’Hestia et de Bell est amplement réussie. La personnalité forte de la déesse, à la fois possessive et entêtée, permettra au spectateur de s’extasier devant quelques plans bien sentis, saupoudrés de comédie et d’un zeste de romantisme. Bell quant à lui, possède deux caractères arrêtés : au combat, il est plutôt calculateur, courageux, n’hésitant pas à prendre connaissance de son environnement. Seul son manque d’expérience lui fait défaut. On le voit bien avec les femmes, Hestia comprise ; il y apparaît plus réservé, se remettant souvent en cause.

Ce n'est pas le moment de se laisser abattre !

Ce n’est pas le moment de se laisser abattre !


DanMachi emploie parcimonieusement quelques grands noms de mythologie : Freya, Loki, Héphaïstos, Hestia, Miach, etc. Chaque habilité principale est donc réutilisée pour un résultat tout à fait satisfaisant. La qualité de l’animation n’est pas en reste : reprenant une partie de ce qui s’est faite pour sa série originale WIXOSS, J.C.Staff surprend de nouveau avec une animation simple et d’une remarquable fluidité. Le visuel ne dénature pas les qualités narratives de l’œuvre ; au contraire l’anime les amplifie ! Les épisodes suivants assurent une avancée plus modeste, notamment avec l’arrivée de la petite Liliruca. Elle sera dans un premier temps aux côtés de notre jeune homme, et elle détient un lourd secret.

RT si toi aussi, tu as baissé la tête en avouant ton zéro en mathématiques étant jeune !

RT si toi aussi, tu as baissé la tête en avouant ton zéro en mathématiques étant jeune !

Pour résumer, le procédé scénaristique a le parti pris de l’omniscience : le spectateur connait plus ou moins les motivations des personnages qui feront la rencontre de l’héros principal, tandis que ce dernier en sait le minimum, déjà préoccupé par ses objectifs. Toutefois Bell a ce côté compréhensif et humain qui le rend très attachant, sortant quelque peu des héros nunuches que l’on nous sert bien trop souvent dans les adaptations. Il n’est pas idiot ; il lui manque de la maturité. Et c’est cette maturité qui nous permet de rester rivé sur notre écran : contrairement à ce qu’on pourrait croire, Hestia n’est pas tellement mise en avant. Elle est plutôt dans la ville, vaquant à ses occupations. Il est d’ailleurs amusant que l’on constate plus ses irrésistibles poussées d’hystérie (car souvent alpaguée au plus mauvais moment) qu’à un véritable soutien pour son acolyte. En d’autres termes, on sent que Bell compte beaucoup pour Hestia, or elle s’en défend.

"Ce n'est pas moi qui ait volé l'orange du marchand !"

« Ce n’est pas moi qui ait volée l’orange du marchand ! »


Sous ses scènes de combats notables, DanMachi a sa part non négligeable de dialogues, nous permettant de palper l’atmosphère de la ville labyrinthique, d’abord engageante puis déroutante. Notre héros en fera souvent les frais. Le bestiaire est repris d’univers à la dungeon-traveler, entre le Minotaure et ses gobelins bien gavants, ou autres bestioles immondes tels que les larves. L’anime assume le côté violent et prouve qu’au-delà de combattre, la survie et la cohésion s’avèrent essentielles. Une rencontre entre dieux et clans ne surprendra évidemment plus, alambiquant de façon inéluctable l’état de cette contrée.

L'anime est éclectique, pour des combats courts mais intenses.

L’anime est éclectique, pour des combats courts et intenses.

Je n’attendais pas tellement l’anime, même si celui-ci propose un avancement en amont des mangas réalisés. Il reprend la majeure partie des volumes tout en proposant plusieurs ouvertures inédites.


Et c’est aussi ce qui a bouleversé le monde cybernétique de la japanimation, avec la hype tout autour de la Familia Hestia. Robe blanche et cordon bleu : une alchimie qui semblerait dénuée d’intérêt et pourtant reposant sur le caractère physique de la belle. La question se tient : peut-on tenir une poitrine sur un simple ruban relié à l’ensemble du corps ?

Ça tient comment ce truc, sérieux ?

Ça tient comment ce truc, sérieux ?

Newton ne l’avait sans doute pas prédit, mais au XXIe siècle, il existe toute une communauté qui a tenu à reproduire ce défi de la science. Après cette question (vite résolue) se sont enchaînées tout un panel de fanarts, de doujin et de cosplay, toujours persistante à l’heure actuelle. Je vous avais bien dit que KanColle avait déjà battu des records ? Dungeon ni Deai wo Motomeru no wa Machigatteiru Darou ka se permet, pour une seule femme (et pas nécessairement mise au premier plan, qui plus est) de péter tous les records ! Si vous n’aviez rien de mieux à faire, vous pourrez cette nuit à fantasmer sur les courbes d’Hestia ou de ses similis, soit à but purement expérimental (l’angle du ruban, tout ça…), soit pour laisser parler votre côté bestial.

Elle sera sacrément difficile la prochaine recherche Boobgle...

Elle sera sacrément difficile la prochaine recherche Boobgle…

Hestia est parvenue à sublimer le symbole ‘moe’ des années 2010, pour le meilleur & pour le pire.


Pour avoir parcouru les premiers chapitres du light novel, l’histoire tient la route et captive. Il touche à des sujets sensibles reprises de notre patrimoine culturel (ségrégation et anéantissement des races, cruauté et remise en question du pouvoir par la force). Par conséquent ce support se permet d’être plus rentre-dedans. Ce n’est pas tout à fait le cas du manga puis de l’anime, plus caricaturaux, inhérent aux productions actuelles. En 2015, le public se focalise sur la féminité majoritaire de cette œuvre. Bell est un peu pris en étau par de jolies dames plus sereines et plus expérimentées.

En dépit de quelques légères pertes de rythmes, l’anime n’a pas à souffrir de la comparaison avec ses modèles. À ce jour, rien n’est terminé. J.C.Staff est connu pour précipiter certains éléments scénaristiques aux derniers épisodes, surtout quand il s’agit de proposer une alternative à un travail en cours de parution. Tokyo Ghoul (du studio Pierrot) s’est récemment fait tailler par ces contraintes. Cela dit l’univers reste suffisamment riche, permettant à tout un groupe de s’adonner à du bon fantastique, au service de tout un florilège de protagonistes ayant leur importance.

L’environnement sonore (comprenant le doublage, les bruitages et la BO) est de très bonne facture. Le phénomène « Hestia » ne rend pas honneur à un ensemble tenant ses promesses et disons-le, bien plus modeste qu’il n’y paraît.

Sur ce, brossez-vous bien les dents : l'hygiène, c'est important !

Sur ce, brossez-vous bien les dents : l’hygiène, c’est ‘important !

Mais n’est-ce pas ce côté décalé (et que l’on assume espérons) qui contribue à l’union au-delà des frontières, de toute ethnie ? Car c’est aussi ça, avoir une passion.


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