Le Voxologiste #6 – Glitter Force

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Trop de couleurs en début de chronique, ça cache quelque chose.

Salutations, c’est Fantin et aujourd’hui, nous allons parler de Glitter Force, une série d’animation américaine représentant le style « Magical Girl » disponible sur Netflix depuis le mois de décembre. Et là vous vous demandez certainement pourquoi je parle d’une série américaine sur un site dédié à l’animation japonaise. Tout simplement car :

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N’est-il pas beau Haïm Saban?.

Mais ceci, nous y reviendrons plus tard. Le doublage français commandé par Saban Brands, le créateur de Glitter Force, et Netflix a donc été confié à Médiadub, une entreprise internationale qui, en France, a déjà dirigé nombre de séries et de films et qui dans l’animation japonaise s’est notamment chargé du doublage de « Laura et la passion du théâtre » (dont je ne pensais jamais parler) ainsi que d’une partie du doublage de « Pichi Pichi Pitch ». Pour ce qui nous concerne, Saban Brands et Médiadub ont ici fait appel (comme pour la saison 22 de Power Rangers) au studio O’Bahamas pour diriger le doublage de Glitter Force et plus particulièrement à sa succursale lyonnaise. Donc vous le voyez venir, on va parler de comédiens que nous avons déjà évoqués.

La direction artistique a été confiée à Karl-Line Heller dont nous avons déjà parlé lors de la chronique sur Fate/Stay Night, série qu’elle a dirigée. Et oui, je ne vais pas re-présenter tout le monde.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le casting est aux petits oignons. Karl-Line Heller se réserve ici le rôle principal d’Emily avec une voix qui se rapproche de celle que j’ai critiquée sur Illyasviel de Fate/Stay Night mais néanmoins qui passe beaucoup plus naturellement à l’instar de celle de Kôichi dans « Un été avec Coo » un tantinet plus féminin. Je reste persuadé que le fait qu’elle n’ai pas d’autres rôles à coté joue également.

Les voix des membres des Glitter Force sont toutes bien trouvées: Angélique Heller représente bien la fragilité de Lily, Justine Hostekint (la voix de Lizbeth dans Sword Art Online, Yuya dans Another ou Yuniko dans Accel World), le caractère « tête brûlée » d’April, Emmanuelle Lambrey, la sagesse de Chloé et Sandra Vandroux le coté « mignon » de la mascotte Candy. Notons également la performance remarquable de Dany Benedito sur Kelsey qui ajoute un certain cynisme dans son jeu, chose qui n’est pas sans intérêt.

Un petit mot sur les personnages secondaires où nous retrouvons Laurent Pasquier, non pas sur 1, ni 2, ni 3 mais 4 personnages identifiés à savoir Bouffon, Brute, Pop et Rascal (qu’il interprète heureusement tous différemment). Je sais bien que c’est un Magical Girl et que le plus important reste la diversité des voix féminines mais quand même… D’autant plus que Franck Adrien ne double qu’un seul personnage secondaire et que je jurerais avoir entendu Damien Laquet dans les voix additionnelles.

Voilà, bon j’ai un peu passé en rapidité le casting mais quand il est bon, il n’y pas vraiment de quoi y passer des heures. D’autant que ce n’est pas pour celui ci que j’ai tenu à faire cette critique mais pour l’adaptation dont nous allons nous attaquer à présent. Elle est ici faite en grande partie par Mélanie Decouzon, une adaptatrice qui a beaucoup travaillé avec les studios lyonnais tels Miroslav Pilon ou O’Bahamas sur des séries comme Les Lapins Crétins ou bien Sword Art Online ainsi que d’une autre personne, cette fois-ci, non créditée sur le carton de doublage EDIT: Après recherche, il s’agit de Solenne Mathé.

J’aime beaucoup cette adaptation. Tout d’abord car elle ne prend pas trop au sérieux, tout comme la version originale, les situations. Le parfait exemple vient de Brooha, une sorcière qui atteint très facilement le ridicule et dont les répliques en VF sont rendues véritablement hilarantes ou encore du cynisme des répliques de Kelsey qui font mouche à chaque fois. Un autre exemple me vient en tête dans l’épisode 13. Le méchant nommé Bouffon commence toutes ces attaques en disant son nom suivi du nom de l’attaque. A un moment le personnage dit cela:

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Fuddled pouvant être traduit par étourdi ou bien même éméché.

La traduction française opte pour « Bouffon-Sdé » : Je trouve cela formidable ! Nous pouvons également noter une certaine adaptation des noms propres : une référence dans la version originale à Humpty Dumpty est par exemple remplacée par Mickey Mouse, bien plus populaire et connu dans notre pays (Si bien que sa voix française est déjà présente 2 fois dans la scène où la référence est faite). Je ne peux pas clore la critique de l’adaptation française sans parler d’un point où j’ai vu pas mal de réactions sur Twitter, à savoir ceci:

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Ouais, ouais comme une pizza japonaise…

Dans la version française, nous retrouvons le vrai nom du plat, à savoir Okonomiyaki tout en précisant bien le fait qu’il s’agisse d’un plat japonais. Ceci est toujours un plus dans une traduction et nous permet d’enrichir notre culture personnelle d’autant qu’elle vient de celle de Mélanie Decouzon qui a notamment voyagé au Japon et qui connaissait le nom du plat. D’autant plus, que d’après elle, cette dernière n’a pas eu accès à Smile Precure. Quoi?…

Oui, voilà le principal problème (et un joli retournement de situation): Ce que je m’évertue à appeler « Version originale » depuis le début de cette critique n’est peut être pas aussi originale que cela. En effet, Glitter Force (tout comme les Powers Rangers sont une adaptation de sentaï japonais) est une adaptation d’une série « Magical Girl » réalisée par la Toeï. Il faut donc pour avoir une idée globale, regarder le travail des adaptateurs américains à savoir Ardwight Chamberlain et Deborah Crane et… Oh mon dieu…

Voilà, ça, c’est que j’appelle un massacre: Rien n’est respecté, au point que je ne sais même pas par quoi commencer. Allez, par le tout début: Dans Glitter Force, un montage est rajouté au début de la série non présent dans Smile Precure qui présente l’ensemble des membres des Glitter Force à Emily, ce qui fait qu’elle sait d’emblée qui seront ses prochaines coéquipières. Pourquoi faire ça? Ça n’a pas de sens!

Continuons dans ce qui n’a pas de sens: Une chose habituelle dans les Magical Girl est la fameuse scène de transformation: Annonce de la transformation – Transformation des vétements et accéssoirs sous musique – Slogan. JAMAIS AU GRAND JAMAIS on ne parle pendant la transformation. Ce schéma est respecté dans Smile Precure et dans Glitter Force, on a ça :

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Mais tais-toi donc!

Et puis tout est bon pour rajouter du texte, que les personnages soient de dos pour ne pas avoir affaire au mouvement des lèvres ou bien s’ils sont de face, ce n’est pas grave, on va faire en sorte qu’ils pensent à quelque chose… On peut également parler de l’absurdité de certaines traductions tel le slogan de Lily passant de « Pierre, Papier, Ciseaux » dans Smile Precure à « Petits chats et petits chiens » dans Glitter Force. Mais enfin ce n’était pas assez ridicule en japonais???

Il existe aussi dans Glitter Force une occidentalisation tellement forcée que Mélanie Decouzon a taché, pour le mieux qu’elle pouvait, de cacher en ne précisant pas vraiment où l’action se situe. Dans la version américaine, ce n’est pas ce qui les dérange. L’action se passe clairement à New-York. Mais enfin, vous pensez pouvoir tromper qui alors que le groupe ne mange pratiquement que japonais et écrit une fois sur deux en kanji? De plus dans Smile Precure, les Glitter Force font un voyage scolaire à Kyoto et Osaka qui se transforme dans Glitter Force en « Exposition Asie-Pacifique ». Mais voyons, les américains n’ont pas construit des villes entières pour ressembler aux japonais… Et je ne parlerais même pas de l’épisode 15 concernant un certain quiz où on est à la limite de l’insulte à la série japonaise.

Ah et puis, vous pensez que ça ne peut pas être pire, détrompez vous! La série Smile Precure (tout du moins la partie correspondant à l’arc diffusé actuellement sur Netflix) comporte 23 épisodes contre 20 pour Glitter Force. Où sont les trois manquants? Personne ne sait! Et cela cause un certain problème quand on sait qu’une roue augmente d’une unité par épisode et que tout à coup d’un épisode à l’autre, la roue a avancée toute seule…

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Cette roue va tellement vous faire mal au crâne

Puis terminons par les musiques, oh là là. Toutes les musiques dans Glitter Force ont été refaites par Noam Kaniel par rapport à Smile Precure. Encore le générique, je veux bien, il est plutôt sympa mais la BO de Glitter Force repose essentiellement sur ce même thème alors que celle de Smile Precure est, alors mais tellement supérieure…

Bon il est temps de conclure, bien que je pourrais continuer encore longtemps. La version française de Glitter Force est une très bonne VF qui possède des comédiens qui prennent tous le rôle comme il faut le prendre et une adaptation plutôt efficace qui essaye en plus de limiter les dégâts. Mais malgré tout, quand on vous donne un produit de mauvaise qualité, ce n’est pas facile de réussir quelque chose de potable. Donc à moins que vous ne connaissiez déjà bien la série Smile Precure et que vous vous voulez vous détendre devant une version très libre et moins « prise de tête », je ne peux pas vous conseiller de la découvrir à travers Glitter Force, que cela soit en VO ou en VF.

Remerciements particuliers à Mélanie Decouzon qui m’a bien aidé à mettre certains points en évidence et sans qui je n’aurais pas pu imaginer faire cette chronique.

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