Le Voxologiste #2 – Fate/Stay Night

Salutations, vous venez de terminer le visionnage de Fate/Stay Night: Unlimited Blade Works et vous voulez vous empresser de découvrir un nouvel arc avec la première série qui a été produite par le studio DEEN? Seulement, cette série distribuée par Kaze propose le choix: VF ou VOSTFR? C’est la question à laquelle nous allons tacher de répondre (avec beaucoup de retard…).

Tout d’abord, cette VF est particulière dans la mesure où ce fut une des premières effectuée par le studio Miroslav Pilon basé à Lyon, un studio qui depuis cette époque est devenu plus que prolifique en signant des doublages tels que ceux de la première saison de Sword Art Online, Angel Beats! ou encore, plus récemment, Kids on the Slope. Mais ici il semble important de noter que le studio débutait dans le domaine, ce qui me rendra un peu moins coupable de « tirer sur l’ambulance ».

Une fois n’est pas coutume, commençons par l’adaptation effectuée ici par Patrick Alfonsi et… Autant la dernière fois, nous avons pu voir que Kaze ne mentait pas dans les sous-titre, autant là…

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J’ai entendu « onii-chan », j’ai clairement entendu « onii-chan ».

Soit, Fate/Zero n’était pas encore sorti à l’époque donc on ne pouvait nécessairement pas comprendre à quel point cet élément est important dans l’intrigue globale, mais quel est l’intérêt de le supprimer? Contrairement à Elfen Lied, il n’est pas ici question d’inceste entre les deux protagonistes, ce qui me rend totalement perplexe. Hormis cela, nous avons des références à « Love Hina » qui disparaissent tout comme des répliques en VO (une fois même, le personnage bouge quand même la bouche, ce qui jure vraiment) ou même des répliques en anglais traduites (Oui, Unlimited Blade Works est traduit littéralement en français). On peut quand même noter que les répliques sont plutôt bien trouvées et ne casse pas le rythme de l’anime. Il s’agit donc ici plus d’un problème de traduction que d’adaptation.

Passons donc à la direction des voix effectuée par Clément Marcillat et Karl-Line Heller. Si ce premier n’est pas très connu dans le milieu, cette dernière l’est bien plus autant en tant que comédienne (elle a prêté sa voix au personnage principal de « Un été avec Coo ») qu’en tant que directrice artistique puisqu’elle a dirigé les premiers doublages de Miroslav Pilon comme Black Lagoon ou Grappler Baki ou plus récemment chez un autre studio pour Bakemonogatari.

Shiro Emiya, le personnage principal, est ici interprété par Laurent Pasquier, un comédien que nous connaissons tous. Non, je ne plaisante pas, vous le connaissez forcément puisqu’il s’agit de la voix de Mickey Mouse depuis 1999. C’est aussi un habitué du studio Pilon comme tous les comédiens dont nous allons parler par la suite. (Oui, nous sommes, je vous le rappelle, sur Lyon et le studio fait souvent appel aux mêmes comédiens locaux). Ici le coté « Mickey Mouse » ne se ressent évidemment pas, cependant Laurent Pasquier est ici clairement en sur-jeu. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il essaye de donner de la classe à un personnage qui n’en a tout simplement pas, ceci accentué par le fait qu’il est développe à chaque fois plus les sentiments que la VO, avec parfois des passages de colères visiblement très accentués.

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Il n’est pas classe ce personnage, il y a rien à faire.

Le grand point fort de cette VF est sans contestation la performence de Dany Benedito (Rebby dans Black Lagoon ou Yurippe dans Angel Beats!) dans le rôle de Saber, qui a trouvé le timbre parfait dans la voix pour interpréter le rôle, elle très convaincante pour rendre le coté très « chevaleresque » qui sied au personnage.

Karl-Line Heller a ici pris le rôle de Rin Tohsaka et elle est là aussi plutôt convaincante faisant le travail que l’on demande à toute comédienne interprétant une tsundere. Elle est dans l’intensité et dans l’émotion quand il le faut.

Illyasviel von Einzbern est quand à elle doublée par Karl-Line Heller qui… Ok, on entre ici dans le principal problème du casting, à savoir qu’il est bien trop petit! Et ici, contrairement à Madoka Magica, les comédiens ont énormément modulé leurs voix. Soit on les reconnait moins aisément, mais du coup, ça rend les personnages extrêmement clichés et Illya n’échappe pas à la règle, la voix beaucoup trop aiguë de Karl-Line Heller n’est clairement pas naturelle et saute littéralement aux yeux, et c’est dommageable car le jeu est plutôt efficace.

On retrouve le même problème mais inversé chez Damien Laquet (Kirito dans Sword Art Online, Ginko dans Mushi-Shi et la voix internationale des Lapins Crétins) pour le rôle d’Archer où malgré tout le bon jeu dont il peut faire preuve, la voix est beaucoup trop poussée vers les graves pour que cela rende un effet naturel alors que cela l’est totalement pour le personnage de Shinji qu’il interprète également.

Dans les autres personnages important, nous avons également Pascal Gimenez qui interprète un Kirei Kotomine plutôt convainquant et Franck Adrien sur Gilgamesh qui lui, lui donne une voix bien trop nasillarde pour l’être.

Allez, par acquis de conscience, allons jeter un coup d’oeil sur l’interprétation du personnage principal de Fate/Zero, à savoir Kiritsugu Emiya et… Oh la vache

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Ok, pas grave, on va faire avec.

Bon, en dehors du fait que le personnage principal de Fate/Zero soit doublé par Perceval de Kaamelott soit une aberration en soit, beaucoup de personnes vous diront que pour faire du doublage, il faut être comédien. Et bien ça ne suffit pas. Tout aussi bon comédien que peut être Franck Pitiot, ici c’est une catastrophe: Aucune de ses, pourtant rares, répliques n’est jouée correctement. D’ailleurs, il retiendra bien la leçon à l’avenir en ne faisant plus que des voix d’ambiances dans les animes doublés par Miroslav Pilon, studio qu’il dirige néanmoins.

Pour conclure, hormis les voix présentes plusieurs fois, le jeu d’acteur est plutôt convainquant pour la plupart des comédiens. Cependant, la traduction de l’anime reste un problème important: N’ayant pas le temps (et l’envie un peu aussi) de revoir l’anime en Fan-Sub, je ne peux pas vraiment savoir si je suis passé à coté d’autres références et éléments importants de l’oeuvre. A vous d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

La prochaine fois, afin de faire pardonner mon retard, je vais tacher d’être plus corporate envers mon rédacteur en chef.

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