Le Voxologiste #1 – Elfen Lied

Salutations, aujourd’hui je vais vous faire voyager dans le nord. Et je ne dis pas ça car l’anime en question porte un nom allemand, mais bien parce que nous allons parler aujourd’hui d’un doublage belge.

L’anime en question est donc Elfen Lied, anime du studio ARMS paru en 2004 mélangeant deux styles très différents à savoir un character design plutôt mignon avec des scènes qui le sont beaucoup moins certainement dû au fait qu’une bonne partie des personnages soit des mutants.

Cet anime a été édité en DVD chez Kaze trois ans plus tard et c’est à cette occasion qu’il a bénéficié d’un doublage, effectué comme vu dans l’introduction en Belgique et plus particulièrement au studio Mirroring, qui s’est notamment illustré dans le doublage des séries Rubbling Hearts, Magic Knight Rayearth, Initial D : Fourth Stage ou encore Air Gear.

La direction de ce doublage a été confié à une comédienne très prolifique dans ce domaine, à savoir Julie Basecqz qui a dirigé une bonne partie des épisodes de Naruto ou de One Piece (anime dont je parlerai jamais) ou encore la série Ah ! My Goddess, Inazuma Eleven ou plus occidental, Adventure Time. Elle a d’ailleurs prêté sa voix dans pas mal de ces séries en tant que second rôle.

Voyons donc le résultat de son travail en commençant par le premier personnage apparaissant à l’écran, qui n’est autre que Lucy/Nyu. Elle est doublée par Julie Basecqz, une comédienne qui a également effectué la direction artistique de Naruto et de… Euh, attendez, on tourne en rond là. Oui, Julie Baseczq s’est donc octroyé le rôle principal, ce qui n’est pas vraiment un souci s’il est bien interprété et là en l’occurrence, ben c’est effectivement le cas. Elle arrive plutôt bien à moduler sa voix sur les deux personnalités de Lucy et son jeu est très convainquant. Rassurez-vous, les louanges ne vont durer longtemps, ça va vite se gâter.

2gAkDLm

Jusque-là, tout va bien.

Quand on parle du loup, voici Kôta, doublé ici par Alessandro Bevilacqua, voix de Jaden à partir de la saison 2 de Yu-Gi-Oh GX ou encore Roux dans La sorcière de l’Ouest. La voix colle parfaitement au personnage, mais franchement, je l’ai connu beaucoup plus inspiré. Dans Elfen Lied, il a constamment le même ton et ne rend compte d’aucune émotion dans les scènes de colère ou de tristesse et c’est quand même bien dommage, d’autant plus qu’on le sent beaucoup plus à l’aise dans les flash-back où on le voit en temps qu’enfant et où il fait preuve de beaucoup plus de jeu. Mais du coup, c’est la voix qui ne colle plus. On ne peut pas mettre sa voix de jeune adulte de 18 ans sur un enfant sans changer plus que ça le ton : On a constamment l’impression que quelque chose cloche. En version originale, ils ne se sont pas gênés, ils ont mis une voix de femme et la VF aurait dû faire pareil au lieu de laisser la voix très typée d’ Alessandro Bevilacqua.

Véronique Fyon, en doublant Yuka, s’en sort relativement mieux, sa voix (celle de Yukino dans « Entre Elle et Lui » ou de Finn dans Adventure Time) correspond et son jeu, sans toutefois être transcendant, retransmet assez bien les émotions du personnage. On sent effectivement une certaine appropriation se déroulant au fur et à mesure des épisodes, sa performance s’améliorant progressivement.

Passons donc à une autre mutante, à savoir Nana doublée par Géraldine Frippiat, et… et… et juste non quoi. On va juste faire une petite pause montage photo, si vous permettez :

2gAkDLm

Trouvez l’erreur…

Alors vous allez me dire que ce n’est pas un problème si la comédienne a plusieurs palettes de voix. Mais si c’est le cas, elle n’en fait pas preuve ici. Malgré tout le bon jeu qu’elle puisse avoir, sa voix bien trop souvent assurée et déterminée ne colle pas à un personnage aussi étourdie et tête en l’air que Nana. Celle de Béatrice Wegnez, dans le rôle plus secondaire et néanmoins relativement semblable de Mariko, correspond plus à l’idée voulue par l’anime.

Céline Bolland, qui a notamment doublé Shino dans .hack//Roots, a ici le rôle de Mayu, et… c’est la deuxième erreur évidente de casting. Sa voix est ici très enfantine et innocente mais cela va à l’encontre de ce que l’anime veut faire passer. Soit, c’est une enfant mais qui a vécu une vie extrêmement douloureuse que je ne vais pas vous spoiler et en a pris des leçons. Ici aussi, la voix en VO essaye de les retranscrire, ce que ne fait donc pas la VF. Ce qui fait que les dialogues entre Mayu et Nana retransmettent exactement le contraire de l’idée d’origine. Puis au niveau du jeu de Mayu, je suis navré pour Céline Bolland, mais ce n’est pas terrible non plus au niveau de l’implication.

Terminons le casting par deux personnages masculins qui s’en sortent relativement bien. Kurama doublé par David Manet (voix emblématique de David Tennant et Christopher Eccleston dans Doctor Who ou de James dans Pokemon) garde une voix posée sans trop de jeu, mais ici, c’est l’idée voulu par le personnage aussi imperturbable soit-il, donc cela se tient. Tout le contraire de Bandô, où Martin Spinhayer donne tout ce qu’il a et prend réellement possession du personnage, et vu la qualité globale du doublage, ce n’est pas dommage.

Bon parlons de l’adaptation en français, faite par Christèle Dufraisse. Déjà, première chose à noter, c’est que le DVD ne nous ment pas, les sous-titres correspondent exactement à la traduction littérale de l’oeuvre. Démonstration :

2gAkDLm

Là, entendez en audio en VF : « Je suis Yuka, ton amie »

Alors oui, il y a de l’inceste (très léger) entre Kôta et Yuka dans cet anime, donc on essaye de le cacher en VF. Mais en fait, pas vraiment, puisque dans un épisode se passant dans le passé, la relation incestueuse entre ces deux personnages est encore plus évoquée qu’en VO. Cette VF n’a aucune cohérence.

Bon alors, ils ont fait une bourde dans le premier épisode et ont essayé de la rattraper un peu plus loin. On peut leur pardonner ? Oui, mais les dialogues d’une manière générale sont d’une lourdeur et manquent franchement d’entrain. D’un certain coté, c’est difficile d’en vouloir aux comédiens d’avoir des difficultés à jouer un texte pareil. Je pense notamment à cette scène :

2gAkDLm

Mauvais texte, mauvais jeu et mauvais casting, c’est le trio gagnant.

Et c’est plutôt bien de terminer sur cette image car elle est le symbole d’une réalité, cette VF n’est pas bonne. Un ensemble de détails qui finalement finissent par te pourrir l’expérience du visionnage. Il y a quand même pire dans le monde du doublage, mais celui là ne restera définitivement pas dans les annales.

La prochaine fois, nous parlerons d’un simulcast actuel, comment ça c’est pas possible? On va tricher un peu alors.

3 thoughts on “Le Voxologiste #1 – Elfen Lied

  1. Fantin

    J’ai juste oublié dans la chronique de vous inviter à me donner votre avis sur la VF dans les commentaires. L’anime n’étant pas forcément ma tasse de thé, je reconnais avoir pu passer à coté de quelque chose..

  2. CodeGawain

    J’ai vu le premier épisode il y a longtemps et je ne rappelle plus du doublage et je ne compte pas voir la série.
    Sinon j’aime bien lire tes chroniques, continue ;)
    Et pourquoi ne pas parler d’un doublage québécois pour une prochaine fois, vu que le prochain sujet est déjà choisi ? ;)

Laisser un commentaire