Le Choix de Garbos #17 – Le cas Glasslip

Il m’arrive souvent avant chaque saisons d’animes de prédire des perles, mais il m’est aussi arrivé d’être hype à fond pour un anime pour finalement le classer comme l’un des pire animé que j’ai vu. Souvent on peut se fier au nom du studio pour la qualité des animes, mais c’est en été 2014 que j’ai compris que le nom d’un studio n’est pas toujours un bon argument pour s’exciter sur la sortie d’un anime. Aujourd’hui je vais parler du plus grand foutage de gueule de la part d’un studio que tout le monde adore et sûrement le pire animé sorti en 2014 (sachant que je classe Mahou Sensou comme le deuxième anime le plus nul sortie en 2014, mais nous en parlerons une autre fois).

Vous l’avez surement tous compris, de toute façons c’est dans le titre, cette chronique sera sur le cas de Glasslip, alias la plus grosse merde du studio P.A. Works. Soyez conscient d’ailleurs que j’ai visionné une seconde fois cette bouse avant de vous faire une chronique dessus, chose dont je ne fais même pas fais avec mes animes préférés, donc oui ce dont je vais vous parler est tout frais dans ma mémoire, malheureusement pour moi.

glasslip


 C’est quoi Glasslip ?

Glasslip est une oeuvre original du fameux studio P.A. Works sortie le 3 juillet 2014 jusqu’au 25 septembre de la même année pour un total de 13 épisodes. L’anime se retrouve à la 7 899e position avec un score de 5,5/10 sur MAL ce qui est, croyez-moi, extrêmement faible pour ce site. Glasslip est d’ailleurs une romance / tranche de vie avec une dose de surnaturel, hormis ça il n’a pas grand chose à rajouter à part un staff qui semble compétent : on y retrouve même le directeur de Tari Tari et Shirobako ! Vous pouvez d’ailleurs retrouvez la série en français sur Crunchyroll.

Bref, c’est quoi l’histoire de Glasslip ?

Synopsis : Touko Fukami vit dans une petite ville au bord de la mer appelée Hinodehama et aide régulièrement dans l’atelier de fabrication de verre de ses parents. Pendant les vacances d’été de sa dernière année de lycée, elle rencontre Kakeru Okikura, un élève qui vient d’être transféré, qui prétend qu’une voix lui parle du futur et qu’elle l’a conduit à Touko.


Pourquoi est-ce un échec ?

Je crois que l’échec de Glasslip passe par plusieurs points et le premier d’entre eux est la déception des spectateurs, une sorte de trahison. Aussi con que cela puisse paraître, la série qu’avait crée P.A. Works juste avant est surement une des raisons pourquoi le public a été déçu. Automne 2013, c’est pendant cette saison que le studio diffuse sa nouvelle série, une oeuvre originale, Nagi no Asukara, qui a eu un succès gigantesque au point même que quand la série s’est fini, elle s’est retrouvée à la 13e position sur MAL. C’est là que tout commence mal pour Glasslip, car les spectateurs s’attendaient à quelque chose d’aussi bonne qualité pour Glasslip et quand la série a été annoncée, la hype a explosée : c’était le « must » à voir pour l’été 2014, la série que plusieurs personnes attendaient. Les trailers nous vendaient du rêve : le visuel était magnifique, la bande son était sympa et les phrases que les personnages disaient nous intriguait, l’histoire semblait intéressante. Cette accumulation d’excitation par les fans du studio à permis à Glasslip de monter tellement haut dans les attentes des gens que la seule erreur de la part du studio aurait pu être fatale. Sauf qu’il n’y a pas eu qu’une erreur, et c’est là que la catastrophe commence.

glasslip gif11

« Ta waifu est un déchet. »

Je ne crois pas que les erreurs que Glasslip a fait sont si gigantesques que cela, c’est plus une accumulation d’erreurs qui a créé cette haine que la plupart de gens éprouvent pour l’anime. Première erreur de leur part : mettre une personne incompétente et sans expérience sur le script du scénario. Je ne veux pas vraiment attirer la haine envers cette personne, mais il faut comprendre que la scénariste de Glasslip est avant tout un chara designer et que Glasslip est son seul et unique anime dont elle a créé l’histoire. Elle ne correspondait aucunement aux attentes des gens, son niveau d’écriture était beaucoup trop bas comparé à ce que P.A. Works avait pu dénicher comme scénariste auparavant. Il faut comprendre qu’on a passé d’une des meilleurs scénaristes de la japanimation, soit Mari Okada, qui a participé au scénario (ou même créée) de Nagi no Asukara, Hanasaku Iroha, Gosick, Kokoro ga Sakebitagatterunda, Selector WIXOSS, Toradora, Sakurasou no Pet na Kanojo ou encore Kiznaiver, à une débutante. Alors évidemment le scénario n’allait pas être de la même qualité. P.A. Works a des standards tellement haut que c’est totalement normal que le contraste, la différence de qualité scénaristique, entre les anciennes œuvres du studio et Glasslip a impacté l’échec de l’anime. C’est triste à dire, mais le nom d’un studio à une importance et quand ce studio est synonyme de qualité pour les animes de tranche de vie, on doit faire fort, sinon on va constamment se faire comparer aux précédentes œuvres et une simple erreur peut devenir catastrophique.

« Bonjour, je suis l'élément qui a marqué le plus de personnes dans l'anime. »

« Bonjour, je suis l’élément qui a marqué le plus de personnes dans l’anime. »

Bon j’ai parlé de la scénariste un peu, mais parlons du scénario, parce que bon c’est surement l’élément qui a déçu le plus de personnes on ne vas pas se mentir. Vous savez, racontez une histoire on peut faire ça de plusieurs façons de même qu’on peut choisir le rythme de notre histoire, sauf que le rythme doit se maintenir tout le long. Or, dans Glasslip, le rythme est beaucoup trop étrange. Lorsque j’ai revisionné l’anime, je me suis rendu compte qu’on avait l’impression que l’auteur ne savait pas comment faire avancer l’intrigue. L’histoire commence et on à déjà des déclarations qui se font et tout, le rythme est donc hyper rapide ce qui n’est pas un mauvais point pour un anime en 12 épisodes, même que les gens adoraient le fait que ça soit rapide comme tranche de vie. Sauf qu’après que dès que des éléments importants arrivent et sont bousculés, l’auteur ralentit le rythme de l’épisode d’après et du coup ça donne lieu a un rythme qui change sans arrêt et c’est désagréable, et ça beaucoup de gens l’ont remarqué. Si on veut ça crée une espèce de montagne russe au niveau de l’intérêt que les gens portent à l’histoire. Au lieu de devenir de plus en plus intéressant, on ne cesse de monter et descendre dans l’intérêt, mais jamais on ne va trop montrer, au contraire on va descendre de plus en plus, c’est l’impression que j’ai eu. Laissez-moi vous expliquer un peu.

Comme j’ai dit précédemment, l’anime commence et on a déjà des déclarations amoureuses au deuxième épisode, qu’on ose me dire que c’est pas rapide. Sauf qu’après ces déclarations l’aventure/l’histoire stagne : il ne se passe plus rien. Les relations ne sont pas plus développés et on a le droit à des épisodes où les relations entre les personnages n’avancent pas, rien ne se donne. Pendant 5 épisodes, le scénario n’avance aucunement, le seul truc qui avance en fait c’est surement la relation de deux membres du groupe qui se font des rencarts en « cachette » si on le veut, sauf qu’on explique pas vraiment cette évolution. On voit le rapprochement, mais on a pas l’explication et donc on a pas un sentiment d’évolution puisque ça donne une impression que cette évolution est un fait et point barre on doit vivre avec. Lorsque le scénario décide enfin à se bouger le cul, l’épisode d’après remet la tension à zéro et c’est super énervant parce qu’au moment ou l’histoire devient un minimum intéressante, on refait retomber la tension comme si rien ne c’était passé. Ça mes amis c’est ne pas savoir rythmé son histoire et franchement c’est décevant parce que ça détruit un scénario.

« Bon, c'est le temps de se mâter un bon anime. »

« Bon, c’est le temps de se mâter un bon anime. »

Parlons ensuite des personnages. Honnêtement j’ai vu beaucoup de gens dire au début de l’anime qu’ils étaient content, car les personnages sont humains et tout. Je ne suis pas contre, les personnages étaient un minimum attachants (ma préférée reste Yanagi, la tsundere quoi), mais ils ne sont pas particulièrement bien écrit. En fait, certains personnages sont écrit correctement et d’autres sont médiocres, surtout un personnage : Okikura. De loin c’est le personnage le moins bien écrit et à mon avis le plus énervant. Honnêtement, je sais pas ce qui est passé dans la tête de l’auteur, mais créer un personnage qui n’a pas d’émotions n’est pas aussi facile, car il faut trouver un moyen de le rendre intéressant et franchement il est beaucoup trop chiant. Il sort de nul part, on ne connaît rien à son passé avant un sacré moment dans l’anime et rien en lui est attachant. En fait le personnage me donne l’impression d’un narrateur, il sait tout de l’histoire, il possède le savoir, mais n’explique jamais vraiment d’où vient se savoir. Chaque mot qu’il prononce vient de nul part et ne signifie rien. On a juste envie qu’il se taise et franchement, si le personnage n’était pas là l’histoire aurait été déjà mieux parce que à chaque fois que je le voyais à l’écran je savais que la scène qui allait suivre allait être mal écrite. À un moment, vers le milieu de l’anime, on commence à voir des scènes où celui-ci parle à d’autre lui et sans explication, alors qu’auparavant, dans aucune de ses réflexions on avait eu le droit à ce genre de scène. Ce personnage n’apporte rien à l’histoire.

Ensuite, on peut venir au point majeur de l’intrigue, ce qui rend l’anime différent des autres tranches de vie, le point principal de l’histoire : le fameux pouvoir. Alors franchement, avant d’avoir regardé une seconde fois l’anime j’avais souvenir que le pouvoir était totalement inutile et en fait, j’avais bon souvenir. Le pouvoir nous est introduit dès le premier épisode et nous est présenté comme l’élément essentiel du scénario, sauf que non, c’est un élément qu’on aurait pu enlever de l’histoire et celle-ci aurait été presque la même, parce qu’il n’apporte rien au scénario. Plusieurs fois, Touko à des visions du « futur » selon Okikura, monsieur je sais tout et tout le monde me croit sans poser de questions, sauf que ses visions elles servent à rien. Elle voit Sachi à l’hôpital : s’inquiète deux secondes puis fait comme si de rien n’était. Ensuite on apprend que finalement ce ne sont peut-être pas des fragments du futur, sauf que même là, ces visions n’apporte rien. Le pouvoir est un prétexte pour que l’histoire avance rien de plus, il n’apporte rien au final puisque qu’on pourrait juste dire que ce sont des pensées que Fukko a et point barre ça reviendrait au même. En fait le pouvoir revient à s’imaginer quelque chose, se faire des idées. C’est comme si je vous disais que penser était un pouvoir, c’est aucunement pertinent.

Je peux vite fais ensuite passer aux autres bémols, rien de très grave, mais qui n’a pas joué en la faveur de l’anime pour moi. Déjà l’absence quasi totale de personnages secondaires, avant l’épisode 5 ou 6 je crois, les personnages secondaires sont presques inexistants et quand ils apparaissent ils ne disent rien de vraiment pertinent à l’exception de 2-3 personnages. Ensuite l’OST qui franchement m’a aucunement marqué, en fait j’avais l’impression d’entendre que 4 mélodies : L’opening, l’ending, une musique calme et la putain de musique de la mère d’Okikura qu’on entend sans arrêt. Ensuite il y a les plans fixes dans le style « dessin » qui viennent détruire à chaque fois le rythme car trop long (mais beau au moins) et finalement, les scènes fanservice totalement inutile et j’insiste. Non parce que avoir deux minutes de Yanagi qui se promène nue dans sa maison c’est hyper bizarre et personnellement j’ai trouvé ça aucunement intéressant même pour du fanservice.

Synthèse

Je vais donc faire une récapitulation de pourquoi Glasslip n’est pas bon en incluant autant ses points forts que ses problèmes. Pour commencer, Glasslip est très beau visuellement, honnêtement c’est surement son seul gros point fort à mes yeux. L’opening et ending est sympa, c’était surement les seuls moments ou je m’amusait à regarder l’anime et il y a quelques personnages intéressants tout comme des scènes marrantes, mais c’est tout. Pour moi il n’a rien de vraiment positif à dire de plus dessus. L’anime à souffert d’une hype beaucoup trop importante pour lui qu’il l’a tué, les attentes étaient beaucoup trop grande et surtout le scénario n’était pas à la hauteur. On sent l’envie de la scénariste de vouloir faire un truc un peu spécial avec cette idée de pouvoir, mais la seule impression qu’elle à laissée c’est qu’elle ne savait pas quoi faire avec les propres éléments qu’elle créait. C’est bien beau d’avoir des idées, mais il faut savoir les utiliser correctement. On sentait tout le long de Glasslip que la scénariste ne savait pas vraiment quoi faire avec son histoire : elle voulait une histoire d’amour surnaturelle, mais ne savait pas comment la développer et ni la finir. Pour qu’une histoire soit un minimum intéressant il faut que le public ait un sentiment que l’histoire a évolué à la fin et qu’elle ne retourne pas à la case départ. Certes il est possible de faire une fin qui revient au début, c’est ce qu’on nomme une épanadiplose narrative, sauf que ce n’est pas facile à faire et pour que cela fonctionne, il faut que l’histoire c’est à dire le développement, soit intéressant. Sauf que Glasslip à un développement beaucoup trop étrange et rythmé de manière aléatoire. On a alors l’impression que l’histoire est écrite en même temps que l’écrivain l’écrit, alors que pour écrire une histoire il faut avoir une idée de ce qu’on veut faire ; ce qu’on veut raconter. De ce fait, des éléments apparaissent dans l’histoire, alors que d’autre disparaissent sans raison, comme s’ils étaient oubliés. Puis quand l’auteur se souvient qu’il a oublié un élément, il tente de le réintégrer à l’histoire et il doit donc constamment réécrire son scénario pour que celui-ci reste un minimum cohérent. Glasslip est un amas d’erreurs scénaristiques qui à force de s’accumuler ont créées un désastre, sauf qu’il était déjà trop tard pour régler le problème, on a donc dû trouver une façon d’atténuer les conséquences et c’est ce qui a donné cet échec que la série à connue.

Laisser un commentaire