L’Antre de Softy-Senpaï #7 – Grenadier, la senshi souriante

Pour le coup, elle n'est pas très souriante...

Oui, croyez-moi : elle sourit, là !

Au lycée j’admirais les gifs de cette demoiselle incroyablement classe, au tempérament glacial au combat et également charmante. On la nomme Rushuna Tendo (rien à voir avec Nintendo). Elle est connue sous le titre de « Senshi souriante », affichant un sourire sans commune mesure, en cette ère féodale où s’enchaînent les tout premiers combats d’armes à feu.

Ainsi fut son quotidien ; voici son histoire.


La série animée est tirée du manga Grenadier – Hohoemi no Senshi de Sōsuke Kaise, publié entre juillet 2003 et mai 2005. Produite par les Studios Live (Bleach, Area88, Dr.Slump) et TAC (Olive & Tom le retour, Gakuen Alice), cette dernière relate dans les grands lignes le périple de cette héroïne et de son pendant masculin, le samouraï Yajiro Kojima, surnommé « le Tigre de l’Arrière-Garde ».

Senshi envoyée par l’Impératrice afin d’aider ce monde en guerre, Rushuna reçut auprès d’elle un entraînement pour le moins particulier, et ce depuis sa tendre enfance : son objectif est de faire perdre toute volonté à l’ennemi de combattre. Pour cela, elle évite de prendre recours à l’arme. Elle agit depuis ses propres mots, ses convictions, sourire toujours mis en avant. Lors de son pèlerinage, elle rencontra ce fameux Tigre. Ce dernier haït plus que tout les senshi, personnes régissant alors d’une main de fer ces contrées. Après une altercation houleuse entre quelques résistants et d’autres experts en arme à feu, Yajiro commencera à se prendre d’affection pour cette charmante demoiselle blonde à forte poitrine. Il se décidera finalement à l’accompagner dans son périple idéaliste, celle d’une victoire sans violence. À eux d’aider leur prochain, mais c’est sans compter sur un complot où Rushuna en devient l’élément déclencheur et perturbateur…

Ils vont tous mourir, mais ça va, elle semble bien le prendre.

Ils vont tous y passer, mais ça va, elle semble bien le prendre.


Cet anime reste encore à ce jour une de mes plus belles perles dans le divertissement nippon. Treize années plus tard, l’animation reste de grande qualité et l’action globale bien rythmée. Il suffit de réaliser une petite recherche avec l’ami Google pour s’en convaincre. Une tendance ecchi est à annoter, or elle se révèle subtilement déposée. Le caractère narcissique de Yajiro, suivant sans grand objectif la senshi, y contribue grandement. On pourrait le qualifier d’anti-héros un peu tendancieux sur ce qui touche les sentiments ou les attributs féminins (culottes et poitrines comprises). Plus l’anime avance, et plus sa progression est notable ; on aura alors affaire à un véritable homme, prêt à se démener pour sauver n’importe qui. Un prince charmant en somme, quoique débonnaire.

Grenadier joue non seulement de ces quelques passages alambiquées et souvent comiques (contrastant avec le fond du problème), il s’entête dans l’exagération des situations allant même à s’enfoncer dans le côté obscur… de la démesure. On pourrait même parler de conflits JoJo’s Bizarre Adventure-esque, car on n’en est pas loin ! On assiste à un panel d’ennemis lambda enrobée de leurs boss démentiels, de leurs armes et autres choses défiant la logique. On a des petites références par-ci par-là à des productions ayant fait leurs preuves : Tenchi Muyo, Sailor Moon, Excel Saga, Golden Boy, Gatchaman, Dragon Ball, Escaflowne, et j’en passe.

"Fe fais touf fous fuer ! Futain, foutue fermefure !"

« Fe fais touf fous fuer ! Futain, foutue fermefure ! »


Grenadier arbore l’époque où les asiatiques commencèrent à évoluer dans un arsenal qu’ils connaissaient que trop peu. C’est cette même gêne qui les confrontera, plus tard, à un conflit générationnel plus dense avec l’Occident (notamment avec les samouraï). Rushuna est plutôt expérimentée à la fois au combat rapproché et à distance. Elle usera de cette tendance hybride pour défaire ses adversaires, qui pour la plupart ne semble pas très enclin à accepter son utopie d’un monde sans arme.

L’histoire demeure assez classique, progressant par pallier : chaque épisode vous propose un ennemi majeur, avant de passer au « niveau » suivant. Ce rythme fait qu’on a envie de connaître la suite. Il existe néanmoins des passages à froid, où nous apprendrons un tas d’informations sur les personnages secondaires (bien nombreux d’ailleurs). Un aspect documentaire s’en dégage, sur par exemple sur la manière dont vivent les habitants. C’est un véritable pèlerinage comme on aimerait plus souvent !

Même dans le calme, le silence est rompu.

Même dans le calme, le silence se rompt.


L’OST bien que discrète ressort au bon moment des compositions qui stimuleront de manière optimale les situations. Les thèmes chantées sont une merveille pour ses oreilles, tandis que quelque-unes arborent des sonorités épurées et synthétiques.

L’intrigue en elle-même demeure très basique voire volontairement manichéenne, dans la mesure où la personne tirant son épingle du jeu n’est finalement pas si loin que ça. Cependant, un rebondissement bien senti finira par convaincre le plus néophyte d’entre vous. L’anime s’achève sur une ouverture commune aux productions actuelles, le légendaire « pour prolonger l’expérience, renseignez-vous sur l’œuvre originale, lol ».

Les douze épisodes -que vous aurez dévoré en un rien de temps-, ne semblent pas  suffire. Le duo a beau avoir gagné en maturité, leurs relations demeurent poussives. Mais toute histoire a une fin, aussi perturbante soit-elle… Pour les frustrés du bulbe, vous pouvez vous orienter sur les cinq épisodes spéciaux, conseillé aux plus pervers.

Un joli bain moussant...

Un joli bain moussant…


À titre personnel, cet anime m’a marqué. Je pourrais vous réciter tout dialogue de tête. Peut-être pas mot-à-mot, mais je m’en rapprocherai inévitablement. Cette critique est pour cette fois plus un ressenti qu’une véritable synthèse. Car celle-ci reste loin de représenter toutes les perles que vous y trouverez.

Grenadier est un monde à part dans l’industrie japonaise, tout en ayant les qualités que l’on attendrait d’un bon shônen : des personnages charismatiques, des valeurs morales intéressantes, de l’apprentissage, un attachement au monde qui l’entoure.

Cette beauté fatale s'est bien adaptée à l'ère du changement.

Cette beauté fatale s’est bien adaptée à l’ère du changement.

La volonté de croire à l’impossible est admirable, encore faut-il avoir les armes pour s’en dégager. Et pourtant, c’est cette même idéologie que notre belle héroïne compte déjouer. La diplomatie est considérée, surtout en cette époque, comme une arme devenue obsolète. Beaucoup de terres sont constamment à la proie des attaques, afin d’assouvir sa supériorité via ses armoiries. Que restent-ils pour des gens ne pouvant plus lutter ? Une jeune femme intervient alors. Elle souhaite prêcher la bonne parole, celle d’écouter son cœur et d’avoir le sourire en toutes circonstances. Et pourtant, peut-elle se résoudre à parler sa force par la violence ?

Sous ces a-priori célestes, le dernier quart epicness de l’anime vous fera prendre conscience de ce qui est bon ou mal, ou du moins la subtile frontière qui les sépare. L’arme est un instrument, mais n’est-il pas sensé de penser que nous humains, sommes l’instrument de notre propre évolution ?

Ce dessin animé n’est officiellement plus commercialisé mais reste (difficilement trouvable) en DVD chez Black Box Editions, pour une bouchée de pain.

Couverture DVD de l'édition française (VOSTFR uniquement).

Couverture DVD de l’édition française (VOSTFR uniquement)


Déballant ses dernières cartouches, Ølex s’amuse essentiellement à traduire des productions japonaises pour sa team WESSO et pour d’autres cercles. Retrouvez-le sur ask.fm, Twitter, Facebook et MAL.

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