L’Antre de Softy-Senpaï #6 – One Off ‘by Honda’

One Off - 00Il existe des animes où on se dit que l’on pourrait tenir un petit bijou. On a un cadre technique très appréciable, une idée de départ pas si plébiscitée dans les slice of life et une durée amplement suffisante.


Série d’OAVs réalisée en 2012 par les studios TYO, nous rencontrons la jolie Haruno Shiozaki vivant depuis plusieurs années au Niwa Café, dans un trou paumé du Japon. Peu de monde y font une halte, et la preuve jeune fille s’ennuie fermement. Néanmoins elle a son scooter et ses amies pour la divertir. Pessimiste à souhait, elle ne se forge aucune ambition particulière : l’impossible demeure et demeurera impossible.

Un beau jour, une motocycliste étrangère reconnue en Australie du nom de Cynthia B.Rogers s’arrête dans cette auberge. Elle est célèbre pour ses traversées de centaines de kilomètres aux quatre coins du globe. L’entourage d’Haruno se passionner assez vite de ses exploits et rêvera de devenir la future héritière de Cynthia d’un point de vue culturelle et paysage. Pour elles, voyager en deux-roues sans limites est totalement réalisable, en dépit d’un coûteux investissement. Haruno changera de plus en plus son comportement en compagnie de la jeune australienne, décidée à rester quelques semaines dans ce coin perdu.

On la sent clairement cette passion... Non ?

On la sent clairement cette passion… Non ?


Dans les premières minutes, j’étais plutôt satisfait de la mise en scène. Elle a beau s’avérer lente, on comprend tout de suite le cadre de vie de chaque protagoniste. Revenons à l’objet qui reviendra le plus souvent dans cet anime : les motos. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, on n’a aucune course ; pas de traversée du désert. Tout se joue sur l’évolution de la mentalité d’Haruno, définitivement le maillon principal de cette intrigue. Les amies Sayo, Anri et Rie vont motiver cette dernière pour bousculer sa vision des choses. Au fur et à mesure, Cynthia se rapprochera de la pessimiste. Pour ne rien vous cacher, les échanges seront des plus virulentes et contrastées. Leurs personnalités se révèlent extrêmement différentes, la première étant très sûre voire excentrique par moments (le franglais étant de mise). Haruno n’a jamais conduit très loin et l’experte des expéditions va se donner à cœur joie pour la “débrider”.

Tu vis dans mon coin paumé ? Fais avec.

Tu vis dans mon coin paumé ? Fais avec.

Dans un autre temps c’est l’occasion pour Cynthia de découvrir un lieu coupé de l’urbanisation, très simple. Nourrir les poules et ramasser des œufs, s’occuper de l’auberge et profiter d’une forêt très épaisse… One Off ne fait pas dans la surenchère rappelons-le : lot restreint de personnages et psychologie limitée – outre l’évolution des sentiments d’Haruno. Cette fille aura à moyen terme plusieurs intentions en tête, lui ramenant dans sa petite enfance, période où elle paraissait bien plus enchantée et optimiste. Toujours en train de prendre son thé (en espérant être seule) sur une de plus hautes vues des environs de la ville, elle décide au crépuscule de fonder un groupe grâce aux performances d’Anri dans la composition musicale. Outre leur participation au Club d‘Honda pour les deux-roues, Haruno va mettre de côté son adolescence monotone en formant un petit concert avant le départ de Cynthia.

La plage, l'horizon, une moto... HONDA.

La plage, l’horizon, une moto… HONDA.

Que penser de One Off ?

L’expérience est relativement sommaire : les dernières secondes qui peuvent susciter de l’émotion. Le changement de mentalité d’Haruno est très bancal : quelques flashbacks ne suffisent pas à comprendre les motivations qui l’ont poussées à se réserver de la sorte, de son enfance à ses seize ans. L’entourage de la protagoniste n’est là que pour faire décor, exceptée Cynthia, probablement le personnage la mieux mise en valeur.

C’est surtout elle qui avance l’intrigue, sans quoi la pauvre Haruno serait restée cloitrée sur son scooter en faisant le tour de la ville pendant X années. Cette rencontre lui donne un but à atteindre, qui fait plaisir.

L'anime a de très beaux panoramas, malgré l'intégration 3D passable.

L’anime a de très beaux panoramas, malgré l’intégration 3D passable.

One Off ne va pas plus loin que ça, alors que cet anime a les cartes en main pour divertir. Avec une intrigue pratiquement inexistante, sans enjeu particulier, vous risqueriez d’être déçu. Alors certes l’animation et le style graphique sont très abouties – même si je ne suis pas fan de la 3D pour que l’on remarque la belle moto – on se demande franchement si HONDA n’a pas financé cette production juste pour se faire de la publicité gratuite.

On pourrait croire qu’un slice of life n’a pas pour but de développer quelque chose de riche ; ce genre permet en outre de se recentrer sur les valeurs humaines, en ressortant plus fort, si possible avec une résolution et une fin concrète.

Dans ce contexte, tout est nébuleux, comme si One Off avait fini par caler sur sa trame lente et beaucoup trop conventionnelle. Les tentatives pour amuser se soldent par une consternation sans précédent (mention à la composition c-ouaf-fante d’Anri + le nom des motos qu’attribuent Cynthia en fin de scénario). Pour ma part, One Off a des difficultés à passer la seconde ; elle a bien besoin d’un contrôle technique…

Des petits moment comme celui-ci sont trop rares dans cet anime.

Des petits moments comme celui-ci sont trop rares dans cet anime.


Sponsorisé par Kleenex et le sac à sapin, Ølex s’amuse essentiellement à traduire des productions japonaises pour sa team WESSO et pour d’autres cercles. Retrouvez-le sur ask.fm, Twitter, Facebook et MAL.

Laisser un commentaire