L’Antre de Softy-Senpaï #5 – Cosplay Complex

Cosplay Complex - 00On a tous nos petites séries ou OAVs qui nous ont surpris, aussi agréablement que déconcertant. Cosplay Complex ou le complexe du déguisement (jolie traduction made in Google) fait partie de mon cercle restreint de productions qui n’ont rien d’exceptionnel. Et pourtant… Il est temps de nous y pencher.


Assez rare pour être signalé, cet anime est une exclusivité vidéo. Le producteur Kimura Shinichiro propose dans le méconnu studio d’animation Wonder Farm une idée de concept qui allierait les standards de l’époque et une nouvelle forme de one-shot, basée sur le comique de situation propre au théâtre et le divertissement d’actualité. L’idée définitive est de toucher une cible de passionnés, bien plus large qu’à l’accoutumée. Le projet se concrétise : Hideo Takahashi (Coppelion, Hikaru no Go, Princess Lover) puis le très en vogue Nagai Tatsuyuki (Ano Hana, Chobits, Mai-Hime, Toradora & Toaru Kagaku no Railgun) rejoignent la foule. Parti sur deux OAVs, le studio produira un troisième épisode. Ils sont tous sortis entre mai et octobre 2002, d’une durée d’une demi-heure chacun.

Cosplay Complex - 01

Les apparences s’avèrent souvent trompeuses.


Chako Hasegawa est une membre du club de cosplay pour otaku de son école. Cette dernière possède une fée (du nom de Delmo) pouvant l’aider à fabriquer son costume – Chako étant très maladroite. Une nouvelle nommée Jennie, arrivant des Amériques, possède un lolicon complex et se focalise en permanence sur Athena Imai, la plus timide du groupe. Chako est pour l’occasion très amoureuse de Tamiya Kosuke et espère avec le prochain concours conquérir son cœur…

Cosplay Complex souffle le concept pur des animations bon marché des années 1990 :  l’intrigue se veut assez basique, fleurant bon l’âge d’or de la japanimation. Le style comique employé ressemble à s’y méprendre au ténor de l’époque, le fameux Excel Saga ; le satyrisme y est permanent. Le chara-design sert à cette mécanique, puisque le déguisement en est l’élément central. Entre un hibou tout rose, et une bunny girl d’à peine 10 cm de taille, le ton est donné.

Cosplay Complex s'amuse de son lot de personnages éclectique et du fan-service.

Cosplay Complex s’amuse de son lot de personnages éclectique et du fan-service.

Néanmoins pas mal de points desservent cet univers, à commencer par son format. Trente minutes par épisode avec un nombre de protagonistes conséquent pourrait paraître suffisant, il n’en est rien ; le spectateur n’aura pas le luxe de s’attacher à tout le monde, d’autant plus que le traitement de quelques personnages se veut très faiblard (Athena notamment).

Le scénario de base est nébuleux, puisque tout va se reposer sur le concours du cosplay – les World Series. On ne connait quasiment rien des protagonistes, mention exceptée de leur activité scolaire fort tumultueuse. Par contre, n’espérez pas savoir pourquoi une américaine se pointe d’un coup au Japon, et encore sur la présence de Chako (amenant un débat sur son sexe, au demeurant). Finalement, le manque de cohésion pourrait décevoir certaines personnes.

Pratique pour le comité de discipline !

De fortes têtes. Le hibou fait flipper.

Cosplay Complex impose son univers parodique, par conséquent très stéréotypé du début à la fin. Les dernières minutes demeurent très classiques. On regarde, on rigole, quelques passages sont assez osés (le yuri y fait son entrée) mais est-ce vraiment s’y mémorable ? L’histoire s’achève arbitrairement, et je me suis senti particulièrement frustré pour rester honnête.

Alors pourquoi cet anime m’est-il si cher ? En raison de ce qu’il a entretenu par la suite. Il est entre le vintage et le renouveau, un des précurseurs des standards d’aujourd’hui. Il y joue d’ailleurs de quelques références discrètes (la plus notable étant Miyuki-chan in Wonderland). D’autre part, c’est Cosplay Complex qu a su rendre faire décoller de nombreux seiyuus – à commencer par la géante Rie Kugumiya, en la mettant en première ligne sur l’opening et l’ending. Ces épisodes amorcent avec tant d’autres productions la montée du ecchi dans les années 2000. Ils sont sortis lorsque l’International commençait à épouser davantage la culture nippone via Internet ; à peine quelques mois plus tard, cette mini-série fut doublée en anglais.

Les rubans  : c'est sacrément compliqué...

Les rubans : c’est sacrément compliqué…

L’équipe fut par la suite démantelée, pour rejoindre l’ogre TNK. Néanmoins les têtes pensantes citées plus tôt continueront de perpétuer ce mélange si particulier, encompagnie des séries Toradora, Kiss X Sis & même Seitokai Yakuindomo.

Il existe un quatrième OAV de Cosplay Complex, sorti en été 2004 avec Happinet Pictures et TNK, entités accueillant une partie de l’ancienne équipe (mettant à jour des problèmes de gestion, le directeur s’étant barré pour se plancher sur de nombreuses séries ecchi dont Date A Live et Chocolat no Mahou en tant que Producteur d’épisode et storyboarder). Cet OAV s’avère bien moins probant que les trois premiers, or il accueille de jolies références vidéoludiques et d’animations japonaises (Z.O.E. & Kenshin le Vagabond, powa) !

"Je ne parlerai qu'en présence de mon sablé..."

« Je ne parlerai qu’en présence de mon sablé… »

Cosplay Complex est le petit délire d’un studio, s’amusant d’excentricité et d’humour, offrant une animation honnête, pouvant divertir celui ou celle qui n’a pas trop envie de réfléchir. Treize ans après, il n’a pas si mal vieilli Je vous incite à prolonger cette expérience avec les séries Hand Maid May et Trouble Chocolate, plus exhaustives sur tout ce qui tourne au délire pur.


Ne s’étant plus déguisé depuis la kermesse d’école de 2002, Ølex est aussi fansubbeur des animes Specials/Loli chez la WESSO et en assistance pour d’autres cercles. Retrouvez-le sur ask.fm, Twitter, Facebook et MAL.

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