L’Antre de Softy- Senpaï #3 – Corpse Party

Corpse PartyQuand on me demande un univers à la fois très rentre-dedans et glauque, il n’y a pas que Shiki. En effet, ce fut une de mes premières expériences dans le jeu vidéo japonais sur PC et aujourd’hui, nous allons parler de son adaptation en anime.


Croyez-vous au bonheur éternel ? Seriez-vous prêt à donner votre vie pour sauver votre entourage ? Corpse Party est à l’origine un univers conçu en 1996 par la team Gris-Gris (Makoto Kedouin). Ce jeu vidéo allie le surnaturel, le visual novel et une interactivité assez poussée pour l’époque. Il est devenu le porte-étendard du genre, ayant inspiré de nombreux cercles dont 07th Expansion (When Then Cry – Higurashi / Umineko). Plusieurs années plus tard, le jeu est devenu moins confidentiel et la Toile lui a permis de gagner en notoriété, jusqu’à avoir plusieurs fanarts, des suites, des doujins, des mangas et enfin un anime.

Ce dernier média va nous intéresser, en nous concentrant sur l’épisode paru sur la console portable PlayStation Portable et une série de quatre OAV, reprenant tous deux le remake international de 2011 (Blood Covered).


La plus grande erreur de l'Humanité : sa naïveté.

La plus grande erreur de l’Humanité : sa naïveté.

Il y a plusieurs années, plusieurs jeunes lycéennes ont été sauvagement torturées puis tuées dans leur établissement, Heavenly Host. Cette dernière fut détruite et une autre structure l’a remplacée depuis, le lycée Kisaragi. Des années plus tard, cette époque révolue, un festival culturel est organisé. Mayu Suzumoto est sur le point d’être transféré et une partie de ses camarades compte fêter son départ comme il se doit.

Ayumi Shinozaki a récupéré une note énumérant un charme unissant tout ceux qui s’y prête. Il attribuerait le ‘bonheur éternel’ ; c’est le Sachiko en forme de poupée en papier. Le rituel aussitôt exécuté, l’école tombe dans un monde parallèle, les élèves et la professeur avec. Ce monde est en fait reformé d’après la conscience des personnes mortes et disparues dans l’attaque mortuaire de l’ancienne école. Maintenant il ne tient qu’aux camarades de Kisaragi d’éviter de tomber dans la folie la plus totale et de sortir de là avant que cela ne tourne à la mutilation…

Corpse Party 02

Le saviez-vous ? L’univers de When They Cry a été en partie conçu depuis Corpse Party, notamment certaines termes.

Le jeu vidéo transmet beaucoup d’émotions rares dans ce format : l’histoire est extrêmement simple mais s’étoffe d’idées et de trouvailles bienvenues. Certes la violence est un élément moteur de l’intrigue, mais c’est surtout le fond qui demeure maîtrisé. On apprend entre autres qu’une jeune fille se nommait Sachiko, tout comme le rituel…  L’OAV Missing Footage récapitule les évènements se passant avant le festival. Quinze minutes relativement moyenne mais nous permettant de profiter du contexte et de son casting.

Tortured Souls quant à lui reprend dans les grandes lignes le remake sur PlayStation Portable nommé Blood Covered. On y retrouve la même équipe au doublage et au chara-design. Le jeu étant considérablement étoffé, ne pouvait pas être repris en intégralité dans cinq OAV. Par demi-heure, l’adaptation reprend grosso modo les quatre arcs du jeu vidéo. Le premier épisode se focalise sur Naomi et Seiko. La continuité se fera toujours à raison de deux rebondissements violents où chacun des protagonistes semblent dépassés par les évènements. Surtout que les fantômes envahissant cette dimension s’en donnent à cœur joie… Tout le monde commence à perdre espoir, certains sombrent dans la folie totale, gesticulant au milieu de boyaux et de cadavres asséchés. L’histoire assume sa violence gratuite, sans doute bien plus que dans le jeu vidéo.

 Dans un jeu on a toujours le temps de flâner de gauche à droite, en lisant les notes, se délectant de la musique. Mais dans l’anime, on fonce ! Peu ou prou de psychologie, on avance, les tripes à l’air ! Les deux derniers épisodes mettent en pratique cet état de fait, débauchant sur une fin alternative, totalement inédite. Celle-ci s’avère réellement surprenante pour le coup…

Corpse Party met en valeur les instincts et bas-fonds de l’esprit humain : quand on se retrouve piégé, la folie nous guette rapidement. La raison s’éclipse, à la vue de nos camarades tués un par un, sans savoir ce qui s’y passe. Quand les explications arrivent, il est déjà trop tard. Si par chance on arrive à s’en sortir, tes souvenirs s’embrouillent. On repense sans cesse, défilant ses moments dans notre tête. On devient quelqu’un qui ne retrouvera jamais la joie de vivre, tellement l’expérience fut traumatisante.

Corpse Party 04

Un plan « pantsu » avec une touche d’horreur ; pas mal non ?

 S’en dégage de ces OAV un fatalisme consternant. Le contexte est alambiqué, mais suffisamment intéressant. L’anime Corpse Party avoue tout de même des faiblesses scénaristiques, dans la mesure où tout devient confus (plus que ne l’est le jeu vidéo à la base). On passe de personnages en personnages, avec beaucoup de flash-backs et de plans à la fois glauque et facile (« pantsu !« ).

Chaque arc est expédié et taillé à la serpe. Et c’est là qu’on comprend que l’anime a surtout été conçu pour les connaisseurs du jeu vidéo. Ce qui soulève un point discutable : est-ce que cet anime donne envie aux néophytes ? Probablement pour son degré de violence (probablement un des pires à ce jour). Toutefois, il est plus que conseillé de jouer à Blood Covered, pour y savourer toute l’ampleur de ce qu’est Corpse Party.


Il faudra ouvrir l’œil (et le bon) pour comprendre quoique ce soit à l'aventure.

Il faudra ouvrir l’œil (et le bon) pour comprendre quoique ce soit à l’aventure.

Le studio Asread a réussi à conserver l’ambiance du jeu vidéo, tout en s’inspirant de ses travaux passés (Mirai Nikki) : gerbes de sang à souhait, aucune censure, doublage de qualité… Il en faudra de l’adrénaline pour espérer survivre à ce spectacle macabre. Néanmoins, l’anime souffre de problèmes décidément conventionnels : le format de quatre OAV ne laisse pas le temps de souffler, nous laissant dans des scènes ensanglantées purement incommodantes. À défaut de temps, l’anime ressort ce qui sait faire de mieux : nous impressionner.

L’ambiance sonore n’est pas en reste, notamment avec un opening inédit chanté par l’adorable et sublime Asami Imai (OST achetée rien que pour elle).

Missing Footage et Tortured Souls s’adressent visiblement aux fans, et rien qu’aux fans. Les non-initiés vont devoir s’amuser à chercher sur les wiki pour prolonger une expérience qui ne décevra personne ; celle de l’anime n’est pas assez exhaustive, mais ces épisodes ont le mérite de nous interpeller.


Passionné par la chair, Ølex est aussi fansubbeur des animes Specials/Loli chez la WESSO et consultant anime+musique sur chatango. Retrouvez-le sur ask.fm, Twitter, Facebook et MAL.

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