L’Antre de Softy-Senpaï #1 – Shiki

shiki_wallpaper_by_sbno12-d5w8vveOyez oyez, et bienvenue dans mon antre. Installez-vous confortablement, votre tendre senpai vous va raconter une triste histoire d’un anime qui plutôt passé inaperçu, et qui mérite pourtant que l’on s’y intéresse.

Introduisons cette chronique avec l’opening de l’anime en question.


Shiki est originellement un roman datant de 1998, écrit par Fuyumi Ono. Les derniers jours de l’année 2007, l’auteur accepte de passer son scénario pour y consacrer un manga, aux côtés du dessinateur Ryu Fujisaki. L’intrigue de base est amenée à changer quelque peu, afin de correspondre aux codes du genre. Ce support connaîtra un succès d’estime sur onze volume, le dernier étant paru en juin 2011.

Entre-temps, Shiki sera adapté en anime en 2010 par le studio Daume, dont les derniers épisodes seront réinterprétés selon le roman de 1998 (le dernier volume du manga était encore en cours d’élaboration). C’est cette adaptation visuelle de 22 épisodes + 3 spéciaux qui nous intéressera ici.

Shiki nous emmène dans les années 1990 auprès du village de Sobota, peuplée d’environ 1300 habitants. Nombreux d’entre eux vivent dans l’insouciance. Pour quelques-uns il faut se méfier de cette contrée, reconnue pour ses nombreux mystères. Pour d’autres, on vit sereinement sans y penser. Pourtant un fléau va s’abattre sur ce coin coupé du monde : une bien étrange famille emménage dans un château baptisé Kanemasa. Natsuno Yuuki étudie à Sotoba. Pour lui ce village l’ennuie profondément et il souhaiterait revenir en ville rapidement. Comme beaucoup de monde, ses parents ont emménagé dans ce lieu isolé afin de profiter de l’environnement particulier. Son tempérament glacial va lui porter préjudice, notamment avec Megumi Shimizu, follement amoureuse de ce dernier. Malheureusement ses tentatives seront vaines car elle mourra pendant l’été d’une curieuse maladie apparente à l’anémie. Puis s’ensuivent les journées où au minimum un mort surgit. Chaque mort est précédé par un comportement particulier de son hôte : le regard livide, perte de l’appétit, isolement, pour finir par l’épuisement. Toshio Ozaki, doyen de l’unique hôpital de Sotoba, suppose d’abord que les morts sont victimes d’une épidémie. Les jours passent et Sotoba commence de devenir de plus en plus désert. Selon le docteur, il est clair qu’une communauté qualifiée de morts-vivants sème la terreur dans le village. Natsuno est lui aussi angoissé par ce qu’il arrive et commence à perdre tous ses proches et connaissances. Pour ces deux garçons, ils feront tout leur possible pour élucider ce mystère, quittes à en perdre la vie.

 Shiki amène une intrigue plutôt abrupte ; nous voilà à peine entré dans l’histoire qu’on aura affaire à une ribambelle de personnages. En effet, vous allez devoir retenir une bonne vingtaine minimum. Toutefois dans sa première partie, Shiki se centre sur deux personnages principaux, Natsuno et Ozaki, avec à la clé de petites sous-intrigues chez les différents villageois. Par la suite, deux autres personnages auront leur importance : Seishin Muroi, prêtre local de Sotoba, écrivain de quelques romans à tendance horrifique et religieux. Ce dernier s’affaire sur sa dernière parution, Shiki : la Poupée Ressuscitée. Vient pour compléter ce beau monde Sunako Kirishiki, une des nouvelles personnes habitant dans le château Kanemasa. Une maladie rare l’empêcherait de sortir le jour. Elle rend visite à Seishin la nuit tombée se disant fan de ses romans. En outre, elle déteste que l’on l’appelle par un honorifique.


Shiki demeure très contemplatif : on suit absolument la moindre petite parcelle de réponse, les moindres mimiques des protagonistes. Par leur nombre et leurs différentes personnalités, il sera difficile de mêler le vrai du faux. Rien n’est plus horrible que l’ignorance. Le roman finit par représenter la réalité et à brouiller la frontière de l’au-delà et de la vie. Les treize premiers épisodes sont dans cet ordre-là. Les épisodes suivants sont dans le registre de l’horreur. On nage dans la colère, la folie et la survie. Pas de fantastique, juste du réalisme, du fatalisme. Que dites-vous de tortures ou de génocides ? Des choix devront se faire, tantôt irrationnels, tantôt fatalistes. Qui est réellement le plus à plaindre : celui qui est mort, ou celui qui vit encore ? Qui a le droit d’asseoir sa domination ? Cette histoire arrive à son terme. Tue t-on pour le plaisir… ou serait-ce pour survivre ? Paradoxal quand on est déjà mort, non ?

Shiki emploie de nombreux thèmes très fondamentaux de l’histoire de l’Humanité : la loi du plus fort, les limites de la survie, le rationalisme et la religion. L’histoire entière est lente, si lente qu’il faudra s’y accrocher. Vous pesterez souvent contre l’apparence très stéréotypés de quelques protagonistes, relevant du mauvais goût par moments. L’OST est sérénissime ; normal quand on sait qu’Yasuharu Takanashi (Fairy Tail, Log Horizon, Oda Nobuna no Yabou) est derrière ce bijou. Toutes ses pistes sont empreintes de cette crainte, ajoutée à de puissantes chorales. Oui, Shiki est d’une rare violence. Elle reste compréhensible dans la mesure où elle représente le prix de la survie. Pour se protéger, pour protéger ceux qu’on aime. La moralité n’a d’ailleurs plus aucun sens, les règles éthiques sont vite bafouées. Une réalité obscure dont personne ne souhaite découvrir la vérité. On se cache sans cesse la face dans ce village et nous spectateurs sommes là pour admirer ce triste spectacle, sans pouvoir agir.

Sunako et Ozaki restent les personnages les plus mémorables de Shiki. Ils ont le même objectif mais pas les mêmes solutions. Ils ont beaucoup à apprendre, or ils ne veulent pas s’admettre. C’est alors qu’on ressent énormément de mélancolie et d’antipathie à ce duo. Tout contribue à adhérer à l’histoire : son contexte isolé, des personnages intéressants, et surtout beaucoup d’intellectuel. On réfléchit, on se torture l’esprit. Que faire, qui croire ?

Hélas, Shiki n’est pas parfait : sa mise en scène peut paraître générique, sa fin abrupte et le chara-design très douteux. Les actions de certains paraissent démesurées et clichées, ce qui contribue à les avoir présenté d’une façon désastreuse, (ces derniers semblent complètement perdus mentalement et physiquement). Cet anime demeure morbide, avec un quota de morts sans cesse surévalué. On ressent sur ces vingt-cinq épisodes un  malaise continu, qui aurait gagné à toucher le point Godwin s’il s’était penché un peu plus sur le monde des morts. Shiki est sorti à un moment particulier : la mode des vampires. La publicité faite par les distributeurs français mettent en avant une similitude mercatique de l’époque : en effet un certain Twilight est paru… Même si l’anime et le manga reprennent certains codes du genre, cela me paraît incongru de le comparer avec cette… chose. Shiki réinterprète à sa manière une possible cohabitation à échelle inconnue d’êtres vampiriques. Néanmoins il a quelques différences qui ne font pas de ces derniers de telles entités.

Pour moi, cet anime m’a réconcilié avec le domaine de l’horreur : il m’a procuré de si vilaines émotions. Et ce même si l’anime accuse de longueurs et de stéréotypes.

C’est une ambiance qui n’attend que vous : une OST magistrale, un contexte entre le gothique et l’horreur surnaturelle, de nombreuses interrogations. Vous ferez votre propre jugement en âme et conscience, remettant en cause votre vision sur l’Humanité, l’exergue de ses défauts, ainsi que de la peur de mourir.

2 thoughts on “L’Antre de Softy-Senpaï #1 – Shiki

  1. Fantin

    Alors oui, ça donne envie, les Ost, le synopsis, les pistes que tu nous indique, tout cela est en effet très tentant, un de plus sur ma liste interminable.
    Par contre désolé mais je trouve vraiment l’Opening pas bon, quand je vois des images pareilles, je m’attends à une musique troublante à la Higurashi, pas à une musique passe-partout comme j’en ai l’impression ici.

    • olex

      L’OP paraît un peu boy’s band et contraste pas mal avec l’ambiance générale de l’anime. C’est loin d’être la meilleure musique, et je t’avoue qu’hors anime, je n’irai pas la réécouter. Mais il faut contenter tout le monde, dira t-on ^^

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