L’Antre de Softy-Senpaï #9 – Sélection d’anime hentai de 2017

Chronique Hentai 2017 - 00Cette chronique aura pour but de classer et de proposer trois productions parmi les plus notables de l’année 2017, d’après votre serviteur. Ne faites pas vos saintes-nitouches, et venez vous plonger dans le genre tabou et sucré qu’est la pornographie, version dessin animé et asiatique. Bien évidemment, il ne sera pas question de vous énumérer chaque tenant et aboutissant tendancieux, et cette chronique sera faite sans mosaïque ni saloperie !


Pourquoi s’intéresser au genre « hentai » ?

Il y a deux raisons spécifiques à cela : primo, le genre se fait encore assez discret de nos jours. En effet, sa présence est sporadique dans le domaine légal, voire inexistante (surtout dans nos territoires francophones). Bien que la tendance semble enfin évoluer dans le monde, avec l’arrivée timide d’acteurs aussi bien dans le marché physique (Softcel, Kitty Media, Trimax) que sVOD (Hentaipro et Hot-Manga à terme), je tenais à sortir des sentiers battus en ajoutant des titres intéressants et peut-être pour certains surprenants.

Deuzio, j’ai été toujours intrigué par le genre. Non pas que je cache une quelconque malformation, ou soit contrôlé par des pulsions ô combien scabreuses et manifestes. Je ne le cache pas : quelques échanges s’avèrent plutôt… prolifiques. Nous y reviendrons dans la conclusion de cette chronique.


Sélection en vrac des anime hentai à retenir pour 2017

01. Otome*Domain The Animation (Pink Pineapple / T-Rex)

Chronique Ntai 2017 - 01Il s’agit d’une adaptation du jeu érotique de Palette Qualia. La grand-mère de Minato Asuka vient de décéder, laissant son petit-fils seul. D’un naturel calme, il ne peut s’empêcher de s’inquiéter de la tournure que va prendre sa nouvelle vie. Lors des funérailles de sa parente, une certaine Kazari Saionji l’approche et lui offre une place assignée à la prestigieuse école de Shirosuzu, ainsi qu’une résidence. Le jeune homme accepte immédiatement, mais se rend aussitôt compte qu’il s’agit d’un lieu exclusivement réservé aux filles de classe aisée…

Nous nous retrouvons face à un schéma typique du harem, avec un homme devant se travestir et évoluant dans un lieu composé de femmes incrédules. La narration de l’anime laisse place à de nombreuses situations cocasses, entre une fêlée de costume, une cuisinière désastreuse et une principale inexpressive. Les premières secondes donnent le ton, en mettant en scène cette dernière dans une position incommodante, et tout cela devant le jeune Minato. Son quotidien se résume à aller en cours et à effectuer ses tâches ménagères durant ses temps libres, dans la résidence de Mademoiselle Saionji.

Au fil du temps, la relation entre les deux concernés via se dénouer, avec trois actes consentis du plus bel effet. Une très agréable surprise que fut cet anime, comique et bourré d’amour. Le chara-design n’est pas en reste, acheminé par une animation de qualité et respirant une légèreté de tous les instants. Une demi-heure chaleureuse aboutissant à une fin tout à fait satisfaisante.

Cet anime regorge de petites scènes comiques.

Cet anime regorge de petites scènes comiques.

Il s’agit à titre personnel de mon coup de cœur de l’année 2017, ni plus ni moins.


02. Implicity (Mediabank / Queen Bee / Studio9MAiami)

Chronique Ntai 2017 - 03Dans un monde où les uns et les autres survivent à leur manière, chacun s’adonne au libre-échange. Pour le meilleur tout comme pour le pire. « Vivez le monde de demain, un monde soi-disant où se donner est le meilleur moyen de connaître l’absolution. »

L’œuvre de Show Higashiyama s’avère particulier, édifiant une anticipation d’un lieu à la fois étriqué et indéfinissable, d’une espèce de tour ou de bâtiments entassés les uns sur les autres. Le schéma social est aussi simple que cruel : les gens du haut sont riches, baignant dans l’oisiveté, les gens du bas vivent dans l’inégalité et n’ont que l’espoir qui les maintiennent en vie.

Emmy & Lynn. Au 22e siècle, la planète est en surpopulation. De grandes structures s’érigent au-dessus des continents et des mers. Les personnes en hauteur vivent dans une société relativement aisée, mais où tout échange est domestiqué, même chez les plus jeunes. Nos deux étudiants en font partie, et vont connaître leur première envolée amoureuse. Rien de bien folichon, excepté que Lynn semble paumé et qu’Emmy s’est assommée de lecture afin de mener à bien ce moment d’intimité. La fin de l’intrigue les conduisent à la perte impromptue d’une bague, symbolisant leur union et leur statut social, tombant dans les limbes du monde inférieur.

Youni & Ko, un duo sombrant dans des dédales souterrains surpeuplés, nauséabonds et où la contrebande règne en maître. Youni vit avec Ko, et survivent avec le peu d’argent en vendant leurs affaires au mont-de-piété. Youni arrondit les angles en offrant son corps à une clientèle peu scrupuleuse. Dénichant une bague portant l’identité d’une personne des hauteurs, ces derniers échafaudent un plan afin de s’extirper de ce guêpier. En effet, l’anneau contient suffisamment d’informations pour s’approprier le revenu, certainement suffisant à quiconque souhaite se refaire une vie dans le monde supérieur. Hélas, la frêle Youni n’aura pas le temps de rejoindre son frère, étant donné que de sombres malfrats demandent leur dû. Une dizaine de minutes particulièrement atroce, finissant sur un échec cuisant et atteignant notre tandem aussi bien physiquement que psychologiquement.

Des bas-fonds sentant bien l’égout, sans les couleurs.

Des bas-fonds sentant bien l’égout, sans les couleurs.

Julka, jeune fille errant dans un institut particulier, soumis au libertinage contrôlé. Ces filles, au nom de dolls, sont conditionnées afin d’apporter du réconfort en échange de bons procédés. Leurs seuls buts : grimper les échelons et devenir la maîtresse du divertissement. Julka figure parmi les meilleures, et met un point d’honneur à fournir un service de qualité. Néanmoins, certaines demandes s’avèrent très spécifiques, même pour quelqu’un d’aussi compétente qu’elle. L’ambiance m’a étrangement rappelé le contexte robotique, avec des personnes soumises artificiellement dans ces cocons. Ces filles n’ont jamais connu le monde tel que nous le percevons et cette existence leur paraît tout à fait normale et pleine de sens. Du moins, tant qu’elles ne se posent pas la question. La deuxième partie de l’épisode se focalise sur Sheena. Il s’agit d’une connaissance de Julka, à la fois très discrète et caractérielle. Cette doll n’est pas comme les autres. La compétition ne l’intéresse aucunement, ce qui intrigue Julka. Jusqu’au jour où les deux filles sont invitées pour une mission dénuée de véritables prédispositions. En réalité, le client est motivé par un scandale prêt à éclater au grand jour…

Sheena viendrait d’un père ayant, pour des circonstances inconnues, été contraint de se séparer de sa fille à l’âge de huit ans. Celle-ci n’est donc, contrairement à la croyance populaire, pas rattachée au processus de « libertinage ». Elle a été probablement enfantée illégalement. Sheena incarne ici l’attache entre vie artificielle et humaine.

Des femmes conditionnées pour assouvir. Un aspect Sci-fi bienvenu !

Des femmes conditionnées pour assouvir. Un aspect Sci-fi bienvenu !

Implicity se veut mature et songeur. Plus réaliste qu’il n’y paraît, les quelques échanges ici et là prolongent un malaise permanent à deux échelles, avec de prime abord des existences colorées en la présence d’Emmy et Lynn, puis des abjections jusqu’à la fin du titre. La survie. Pression, menace, autocratie, technologie… Une humanité déshumanisée, qui se cherche et se perd. Tous les moyens sont bons pour survivre, mais ne sont pas nécessairement bons. Chacun et chacun s’adonnent, espérant garantir un monde meilleur… mais à quel prix ? Le spectateur se posera plus de questions qu’il n’y aura de réponses, mais c’est ce qui fait également la force de ce récit.


03. Shikkoku no Shaga The Animation (Pink Pinapple / Seven)

Chronique Ntai 2017 - 06Il s’agit d’une histoire totalement originale du réalisateur principal du studio d’animation Seven, Takashi Nishikawa.

À la fin de l’époque de Heian (794-1185), les humains coexistent encore aux côtés des monstres. Shaga est l’une d’entre eux et vit en toute discrétion depuis le début de l’ère. Une dame exilée en forêt profonde accompagnée d’une corneille attitrée Oracle des Dieux vit depuis des décennies, n’attendant plus grand-chose du commun des mortels. Par un concours de circonstances, elle fait la rencontre de Ushiwaka, un jeune orphelin devant accéder à la consécration bouddhiste. Il doit pour cela rejoindre l’Occident. Shaga s’exécute et va soutenir son nouveau protégé, dans une quête remplie de sens du devoir, de tristesse, et surtout d’amour.

Reprenant le thème du pèlerinage type Journey to the West, ce récit simpliste est tenu par une sous-intrigue rejoignant périodiquement le long de cette demi-heure de visionnage. Une autre demoiselle éprise par une étrange malédiction nous interpelle. En effet, celle-ci se fera rudoyer par un émissaire du Shogun, et prise de panique, se transformera en une créature difforme mi-humaine, mi-insecte. Un carnage ensanglanté finira par avoir raison du malheureux. De quoi foutre le bourdon au spectateur lambda.

Un bon gros coup de cafard !

Un bon gros coup de cafard !

Notre duo principal s’engouffre dans le village, aux côtés d’habitants plus qu’accueillants (euphémisme, quand tu nous tiens). Ushiwaka tiendra à s’en quérir de la situation de la recluse vivant non loin de là, et se verra même épaulé par un villageois aimant secrètement cette dernière. Viendra ainsi un contact forcément compliqué, dont la confession amoureuse abaissera les tensions. Ushiwaka et Shaga n’interviendront pas, mais abaisseront suffisamment leur vigilance pour que le bien-aimé se fasse littéralement décapiter par sa promise, complètement possédée par sa malédiction renaissante. Le spectateur comprend désormais qu’en cas d’insémination, la femme devient incontrôlable.

Déshumanisée mais réaliste, Shaga n’a plus d’autre choix que de mettre fin à son supplice. Le villageois dont on ne connaîtra pas le nom sera sa dernière victime, celui-là même qui avait accepté telle qu’elle était devenue. L’amour n’a pas de frontières, et notre duo s’y conforme : Ushiwaka avait beau se plaindre de la présence permanente de sa maîtresse, il reste un humain compréhensif et gardant sa part d’enfant, gardant cette envie d’être soutenu et chéri en tout instant. Shaga perd quelques instants sa foi inébranlable pour calmer son protégé, sur fond étoilé léchant bien la rétine, avant de repartir à l’aube pour de nouvelles aventures.

"L'amitié se finit parfois en amour, mais rarement l'amour en amitié."

« L’amitié se finit parfois en amour, mais rarement l’amour en amitié. »

Shikkoku no Shaga reprend le cahier des charge des années 1990, avec une présence homogène entre scènes sexuelles puis scènes contemplatives. Le titre de l’épisode, « Pamphlet contemplatif » est révélateur, ne trompant personne sur la marchandise. Le spectateur assistera à une demi-heure dépaysante, fait avec passion et reprenant avec brio le charme d’autrefois, d’une ère que l’on croyait perdue. À l’heure où la plupart des productions cherchent un prétexte convenu, cet anime devrait satisfaire à la fois les désormais trentenaires et les nouveaux venus, qui pourraient s’intéresser à ce qui se faisait il y a de cela des dizaines d’années.


En conclusion, le genre hentai parvient toujours à surprendre, même en 2017. Il reste un de ces vilains petits canards que l’on aime décrier, définir comme étant le parent pauvre et tabou de l’animation japonaise. Et pourtant, subsistent quelques productions curieuses, racontant une histoire propre, saupoudrée d’échanges charnelles et ambigüe. Ces productions jouent et calquent notre mode de vie, tantôt les parodiant, tantôt les imitant à la perfection.

Otome*Domain était utopique puis Implicity était cruellement fataliste, tandis que le monde Shikkoku no Shaga se retrouvait en pleine mutation. J’aurais pu élargir cette chronique jusqu’à cinq sélections, or avec ces trois anime, je voulais vous partager ma vision d’un genre qui a tout à fait sa place, et qui a, au-delà du simple divertissement, le mérite de nous interroger et de placer des contextes et des thèmes intemporels, sur ce qui fut, est ou pourrait nous arriver, un jour ou l’autre.

Gakuen Shinshoku: XX of the Dead", parodie d'Highschool of the Dead, aurait pu figurer dans cette chronique.

Gakuen Shinshoku: XX of the Dead, parodie d’Highschool of the Dead, aurait pu figurer dans cette chronique.

Nous nous retrouvons prochainement pour de nouvelles lectures, aussi bien tous publiques qu’attachantes !


Sponsorisé par Kleenex et le sac à sapin, Ølex s’amuse essentiellement à traduire des productions japonaises pour sa team WESSO et pour d’autres cercles. Retrouvez-le sur ask.fm, Twitter, Facebook et MAL.

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